« Pénurie de coachs sportifs » : l'expression circule beaucoup. D'un côté, une demande immense. De l'autre, des employeurs qui peinent à recruter. Qu'en disent les chiffres officiels ?
La demande : le surpoids
Selon l'enquête Oféo/Odoxa 2024, 48,7 % des adultes sont en surpoids ou en obésité, dont près de 10 millions de personnes en obésité. L'obésité est passée de 8,5 % en 1997 à environ 18 % en 2024.
Perdre du poids : la première demande
Pour beaucoup de Français, coach sportif rime avec perte de poids. C'est aussi, d'après les coachs de notre réseau GA Coachs, la première demande qu'ils reçoivent de leurs clients : accompagner la perte de poids est leur objectif de départ le plus fréquent.
Les enquêtes sur les motivations des pratiquants le confirment à leur manière : rester en bonne santé arrive en tête (73 %, Odoxa 2025), et perdre du poids est cité par environ un pratiquant sur quatre (22 % selon Ipsos, 23 % selon OpinionWay), davantage encore chez les femmes (27 %).
L'offre : ce que dit France Travail
L'enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO) 2026 interroge les employeurs. Pour la catégorie « sportifs et animateurs sportifs », 45 % des projets de recrutement sont jugés difficiles par les employeurs eux-mêmes, contre 43 % en moyenne tous métiers confondus. Un projet est « difficile » quand l'employeur anticipe du mal à recruter : manque de candidats, compétences rares ou conditions de travail.
Une tension réelle, à lire avec précision
Avec 45 % contre 43 %, la tension est légèrement au-dessus de la moyenne : elle est bien là, sans être hors norme. Autre précision : la catégorie regroupe plusieurs métiers du sport et de l'animation, et 61 % des projets sont saisonniers. Elle ne se lit donc pas directement comme « les coachs de salle manquent ».
- Île-de-France : 46 % des projets jugés difficiles.
- Pays de la Loire : 43 %.
- Centre-Val de Loire : 37 %.
- Hauts-de-France : 24 %.
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La Banque des Territoires relève dans la fonction publique territoriale une pénurie de maîtres-nageurs, et des collectivités qui recrutent peu d'éducateurs « terrestres » et se tournent plutôt vers l'activité physique adaptée. Elles sont en concurrence entre elles et avec le secteur privé.
Ce que ça signifie pour une reconversion
Face à la demande des personnes en surpoids, des coachs qualifiés sont utiles. Un diplôme reconnu est obligatoire pour encadrer du public contre rémunération : le CQP Instructeur Fitness, préparé en 14 semaines, répond à cette exigence.
Sources
- Enquête Oféo/Odoxa 2024 pour la Ligue nationale contre l'obésité (Le Quotidien du Médecin) : 48,7 % des adultes en surpoids ou obèses, 10 410 personnes interrogées.
- Le Quotidien du Pharmacien : obésité de 8,5 % en 1997 à 15 % en 2012, 17 % en 2020 et environ 18 % en 2024, près de 10 millions de personnes.
- France Travail, enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO) 2026, données ouvertes : sportifs et animateurs sportifs, projets de recrutement et difficultés.
- Banque des Territoires, les métiers du sport dans la fonction publique territoriale.
- Ipsos, les pratiques sportives des Français : 22 % font du sport pour perdre du poids (27 % des femmes).
- OpinionWay pour Charal, étude MeatLab : perdre du poids motive 23 % des pratiquants.
- Baromètre Odoxa 2025 (Winamax, RTL) : rester en bonne santé, première motivation (73 %).